Commune de Megève

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LE CALVAIRE

 

Au coeur des douces montagnes du Faucigny, qui précédent les imposants massifs du Haut-Giffre et du Mont-Blanc, entre le centre de la petite ville de Megève et le plateau du Mont d’Arbois, s’élève un des plus remarquables calvaires de France. Edifié entre 1840 et 1878 sur le modèle du Mont Sacré de Varallo (Piémont, Italie), le Calvaire de Megève est avant tout l’œuvre d’un homme, le Père Ambroise Martin (1791-1863), curé de Megève de 1820 à sa mort. S’étendant sur près de six hectares, dans un cadre idyllique, il est formé de quatorze chapelles et oratoires de styles architecturaux variés figurant les quatorze stations du Chemin de croix menant au Golgotha. L’ensemble est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1988.

S’il doit son existence à la volonté du Père Martin, appuyé par son ami le Père Rouge, curé et architecte à Saint-Sigismond-sur-Cluses, le complexe s’inscrit dans le vaste mouvement de renouveau religieux qui marque la restauration sarde, après la période « française », entre 1792 et 1815, très dure pour l’Eglise (décret d’Albitte). Après le rattachement définitif de la Savoie à la France en 1860, le projet du Père Martin bénéficie des subsides que Napoléon III octroie alors au clergé local pour s’allier ses faveurs. L’engagement fervent des populations locales, généreuses lors des quêtes et infatigables pour transporter les matériaux de construction, permettra son achèvement après le décès de son concepteur en 1863.

L’idée d’une telle entreprise germe à la suite d’un pèlerinage qu’Ambroise Martin entreprend en 1834 sur les traces de Saint Charles Borromée (1538-1584), cardinal et archevêque de Milan. Celui-ci le conduira naturellement à Varallo, bâti sous l’égide du Saint. Après avoir prospecté divers sites, le curé achète finalement le 6 février 1840, sur ses fonds propres, un vaste terrain au lieu-dit « la Palaz d’Avaz » puis se lance dans les constructions surprenantes que l’on peut voir aujourd’hui. La première pierre est posée le 16 juin 1840. Jusqu’en 1841, le Père Martin travaillera avec le Père Rouge à l’élaboration des plans du Calvaire. Peu à peu s’élèveront ainsi la chapelle Notre-Dame-des-Vertus, la Maison de Nazareth, la chapelle des Douleurs, la chapelle Sainte Véronique, la Scala Santa, la chapelle de l’Onction, la chapelle du Tombeau et de la Résurrection du Christ ainsi que six oratoires.

Ces édifices empruntent à différents styles du passé, une hétérogénéité que l’emploi de matériaux identiques, notamment l’ardoise pour l’habillement des toitures, gomme quelque peu : néo-gothique et byzantin pour Notre-Dame-des-Vertus (dont la coupole est directement inspirée de celle du Saint-Sépulcre de Jérusalem), baroque, néo-classique,… Leur réalisation a été confiée à des artisans réputés, en particulier les maçons Dominique Giulio, Giacomo Leona et Giovanni Baptista Traversino, les tailleurs de pierre Jean Ramozzi et Pierre Rigoli, les plâtriers Jean Bertoglio et Claude Marie Dubouin. Les bâtiments abritent trompe-l’œil, faux marbres, fausses briques, peintures, bas-relief (Jésus tombant pour la deuxième fois) et sculptures. Ces dernières sont l’œuvre de Charles Pedrini et de Joseph Prosper Socquet, natif de Megève. Les décorations murales, ainsi qu’un tableau de la quatrième station, sont dues à Clément Giaccobini. Jean Ferraris, de Sallanches, est pour sa part l’auteur des peintures des deuxième, troisième, sixième et septième stations. Le nom des autres artistes s’est malheureusement perdu.

Dès que les moyens le permettent, la décoration des édifices est enrichie : en 1886, la Vierge en cire de la crypte de la Dormition est remplacée par une en marbre blanc, l’autel en bois de la Chapelle de la Rencontre l’est par un en marbre de Carrare, des vitraux représentant des scènes, des personnages, se substituent à d’autres simplement peints, des meubles en essences fruitières sont acquis,…

Entre la première et la dernière station, on assiste à une lente progression spirituelle : si les premières chapelles, d’une grande clarté, renferment des thèmes très explicites, chaque scène en trois dimensions (statues polychromes en bois) étant développée par les peintures murales, les symboles se multiplient dans les constructions suivantes, pourvues de plafonds à caissons. De nombreuses références à l’Ancien Testament parsèment le Chemin de croix. Dès le premier tableau de la première station, Adam chassé du Paradis terrestre (le Péché originel) fait face à Jésus au Mont des Oliviers (le Rédempteur).

Très rapidement, le Calvaire devient un important lieu de pèlerinage : dès 1852, il accueille plus de 6000 personnes. En 1850, Pie IX a accordé pour quinze ans l’Indulgence de la Portioncule à Notre-Dame-des-Vertus. Dix ans après, Notre-Dame-de-Nazareth est affiliée à Notre-Dame-de-Lorette, avec attribution de nouvelles indulgences. De nombreuses reliques sont alors offertes par des prêtres et des missionnaires originaires de la paroisse de Megève. Enfin, en 1863, année de sa mort, le Père Ambroise Martin est décoré de la Légion d’Honneur.

Le site a bénéficié au cours des années 2000 d’un ambitieux programme de restauration, rendu nécessaire par le vieillissement prononcé des diverses constructions.

 

 

 

 


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